07h23 CEST
03/06/2026
Victor Wembanyama et les Spurs, opposés dès mercredi aux Knicks en finale, sont aux portes d'un formidable sacre en NBA: un exploit qui serait d'autant plus gigantesque pour le phénomène français qu'il vit à 22 ans seulement sa toute première campagne de play-offs.
"Gagner le trophée Larry O'Brien (de champion NBA, ndlr), c'est un rêve d'enfance (...) C'est peut-être la chance d'une vie; on ne sait jamais quand l'occasion se représentera", réalisait "Wemby", en larmes du haut de ses 2,24 m, samedi dernier, après la victoire chez le champion en titre Oklahoma City lors du match N.7 de la finale de la Conférence Ouest.
Après une saison de rookie à apprendre du fond du classement et une deuxième à patienter, en raison d'une thrombose à l'épaule droite l'ayant éloigné des parquets durant plusieurs mois, voilà le pivot déjà prétendant au trône avec San Antonio, en ayant brûlé les étapes à une vitesse supersonique et affolé pas mal de compteurs statistiques.
Cette trajectoire vertigineuse peut l'amener à un firmament atteint pas avant 28 et 27 ans par les deux meilleurs joueurs de l'histoire, Michael Jordan et LeBron James. Ce dernier ne s'était d'ailleurs pas trompé en qualifiant Wembanyama d'"extraterrestre" avant même qu'il ne soit drafté par les Spurs en 2023.
- Montée en puissance -
Dans cette série face au Thunder, débutée par une "masterclass" à 41 points, 24 rebonds et enlevée 4-3 au bout du suspense, Wembanyama, souvent poussé dans ses retranchements, a tourné à une moyenne de 27,3 pts, 10,9 rbds, 3,1 passes et 2,7 contres. De quoi être désigné MVP, savoureuse revanche sur Shai Gilgeous-Alexander réélu meilleur joueur de la saison, lors du vote annuel qui a placé le Français 3e.
Durant cette phase finale qui n'a pas été une sinécure, Wembanyama s'est aussi fait peur, victime d'une commotion l'ayant privé d'un match contre Portland (4-1). Et il a un peu perdu ses nerfs, en assénant à un adversaire de Minnesota (4-2) un coup de coude synonyme d'exclusion logique.
Mais rien n'a empêché la montée en puissance du meilleur défenseur de la Ligue, ainsi désigné à l'unanimité et qui a fait honneur à ce statut avec ses 12 contres (!) en un match infligés aux coéquipiers de Rudy Gobert. Invraisemblable record battu.
Avec lui, s'épanouissent des lieutenants talentueux et sans complexe, tels De'Aaron Fox, Stephon Castle, Julian Champagnie ou encore Dylan Harper. Tous composent la deuxième équipe la plus jeune de l'histoire à atteindre une finale NBA, entraînée par Mitch Johnson, successeur à la hauteur du grand architecte des Spurs, Gregg Popovich, diminué par un AVC mais bien présent en coulisses.
Un sixième titre de San Antonio pourrait faire de Wembanyama le successeur de Tim Duncan, pivot de légende de la franchise texane avec cinq sacres entre 1999 et 2014, et ainsi lancer une nouvelle dynastie.
En face, les Knicks courent après un troisième trophée depuis ceux glanés en 1970 et 1973, à une époque où la ligne à trois points n'existait pas. Et leur dernière finale disputée remonte à 27 ans face aux... Spurs, dans le staff duquel se trouvait l'actuel entraîneur de New York, Mike Brown.
- Faire des sacrifices -
"Ça va être difficile. Ils sont bien coachés. Ils ont évidemment un joueur extraordinaire avec +Wemby+. Ils sont jeunes, mais ils ont aussi quelques vétérans pour les soutenir et les conseiller", a résumé celui qui fut également l'assistant de Steve Kerr chez les Warriors de 2016 à 2022, avec trois autres titres à la clef.
Mais les Knicks, qui ont enchainé 11 victoires en play-offs - un record -, ont aussi des atouts avec le shooteur Jalen Brunson, MVP de la finale de l'Est face à Cleveland, Karl-Anthony Towns, transfiguré dans un rôle de créateur que n'appelait pas son poste de pivot, ou encore l'ailier bon à tout faire OG Anunoby.
Selon Towns, il faudra "une défense collective de haut niveau" pour bloquer Wembanyama. "Tant que notre équipe joue avec de l'énergie, de la discipline et suit les consignes, nous pouvons gagner tous les soirs", a-t-il dit lundi.
"Le groupe a été résilient toute l'année. Nous devons continuer à faire des sacrifices, à rester soudés", a enjoint Mike Brown.
Equipe poil à gratter, les Knicks se rappelleront, pour la confiance, qu'ils ont remporté la Coupe de la NBA en décembre aux dépens des Spurs.
Mais une finale de championnat n'a rien à voir, elle génère une pression incomparable. Surtout à New York, où on transpire le basket comme nulle part ailleurs.