22h22 CET
19/02/2026
La justice argentine a interdit au président de la Fédération argentine de football (AFA), Claudio Tapia, de quitter le pays, le citant à comparaître pour être entendu dans une affaire d'évasion fiscale présumée, selon une décision publiée jeudi par la presse locale.
Claudio (dit "Chiqui") Tapia, 58 ans, a été cité à comparaître devant la justice le 5 mars prochain, après une plainte déposée par l'organisme fiscal ARCA, qui le soupçonne d'évasion fiscale et d'appropriation de ressources de la sécurité sociale.
Le trésorier de l'AFA, Pablo Toviggino, est également cité à comparaître, le 6 mars.
L'interdiction de sortir du pays vise également trois autres dirigeants de l'AFA.
La décision de justice indique qu'"eu égard à la gravité des faits faisant l'objet de l'enquête (...) il convient de décréter l'interdiction de sortie du territoire à l'encontre des personnes nommées", sans toutefois préciser la durée de cette interdiction, en particulier jusqu'à la comparution ou au-delà.
Les autorités enquêtent pour déterminer si l'AFA a illégalement conservé les cotisations retraite de joueurs et d'employés, et omis de payer des impôts entre mars 2024 et septembre 2025.
Le juge a estimé qu'il existait "des motifs suffisants de soupçonner la participation des personnes nommées aux faits faisant l'objet de l'enquête", dans la décision publiée par plusieurs médias.
Outre cette affaire, l'AFA fait l'objet d'une enquête pour blanchiment d'argent présumé, qui lui a valu une perquisition en décembre dernier.
La fédération argentine avait alors dénoncé une "campagne de diffamation" et affirmé que l'entrepreneur à l'origine de la plainte, écarté de l'organisation des matches amicaux de l'équipe nationale, championne du monde en titre, bénéficiait "du soutien du gouvernement national, plus précisément du ministre de la Justice, (Mariano) Cuneo Libarona".
Les relations sont tendues entre Claudio Tapia, à la tête du football argentin depuis 2017 et dirigeant au passé syndical, et le gouvernement du président ultralibéral Javier Milei.
M. Tapia est foncièrement hostile à l'idée de transformer les clubs argentins de football, traditionnellement associations de "socios" (membres), en sociétés anonymes sportives ouvertes aux capitaux étrangers, un modèle soutenu par Milei.